Promenade psychanalytique, conférence-débat le 12/3 : « Le courage du sujet » par Marc Strauss

Study for a Portrait 1952 by Francis Bacon 1909-1992

Dans le cadre des « Promenades psychanalytiques », le Dr Marc Strauss (Paris) sera présent à Bruxelles pour une conférence-débat intitulée « Le courage du sujet » le samedi 12 mars 2016 à 14h. 

 

« La résistance a mauvaise presse chez les analystes, mais c’est elle qui nous anime face à la peur, qu’elle prenne la forme de la phobie ou de la panique. Se pose alors la question de ses limites, et avec l’angoisse, la peur semble bien être le lot de l’humain. Pourquoi avoir peur, et de quoi, quand l’intégrité physique n’est pas en jeu ? Faire mine de l’oublier, ou vouloir ruser avec elle, on le sait d’expérience, ne réussit pas. La psychanalyse offre une autre solution : s’en faire partenaire, ce qui la met au pas du désir. »

Le Dr Marc Strauss est psychiatre, psychanalyste, AME de l’Ecole de Psychanalyse des Forums du Champ lacanien et enseignant au Collège de Clinique psychanalytique de Paris.

Texte de présentation par Michel Coddens et Manuelle Krings :

« Les Promenades Psychanalytiques, que nous reprenons après un long silence, ont choisi comme thème cette année la phobie. Il se situe dans le prolongement de celui arrêté par les Collèges de Clinique Psychanalytique organisés par l’Ecole de Psychanalyse des Forums du Champ lacanien.

Les Promenades Psychanalytiques s’adressent à quiconque s’intéresse à la psychanalyse d’orientation lacanienne, que ce soit au titre d’analyste, d’analysant ou d’aficionado. Elles ont pour objet de faire état des avancées théoriques dans le champ de la psychanalyse et de leur donner des outils susceptibles d’orienter et de baliser le travail.

Les phobies, les paniques sont-elles des problématiques univoques contemporaines ou l’expression singulière de la réalité psychique d’un sujet en souffrance ?

Plus spécifiquement en ce qui concerne la phobie : comment la penser ? Comment l’aborder ? De quoi est-elle l’expression symptomatique ?

Y a-t-il des spécificités dans l’abord clinique de la phobie chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte ?

Qu’en dit la psychanalyse ?

Identifiée de longue date par la psychiatrie classique, la phobie renvoie dans le discours commun à la peur irraisonnée provoquée par un animal (loup, serpent,…), un objet (ascenseur,…), une situation (avion,…). Elle apparaît à titre transitoire chez beaucoup d’enfants.

En 1909, Freud commente la phobie du petit Hans, qu’il nomme hystérie d’angoisse. Embarrassé par le Wiwimacher, Hans invente « toute une série d’équivalents piaffants », un « tigre de papier » (J. Lacan) qui ont pour fonction de masquer l’angoisse de castration.

Quant à lui, Lacan noue la phobie à la métaphore paternelle : elle est une suppléance à la carence paternelle. En effet, le père de Hans n’est pas suffisamment interdicteur pour empêcher les dents de la mère de se refermer sur lui (la morsure du cheval). La phobie, c’est la peur de toute une série d’objets – des mots en fait (le cheval, le loup,…) – qui sont autant de signifiants censés protéger le sujet contre l’angoisse de castration.

La phobie crée ainsi un espace à ne pas transgresser, d’où les conduites d’évitement. Si le désir insatisfait caractérise l’hystérie, si le désir impossible est propre à la névrose obsessionnelle, le désir prévenu indexe la phobie. C’est en quoi « la phobie est un avant-poste, une protection contre l’angoisse », comme nous l’enseigne Lacan.

Dans son séminaire d’un Autre à l’autre, Lacan rappelle que la phobie est une « plaque tournante » entre névrose et perversion. Confronté au manque pénien de la mère, à la castration féminine, le sujet peut la symboliser sur un mode névrotique en utilisant le signifiant phobique ou sur un mode pervers en la déniant par un objet fétiche.

Pour nouer avec la « subjectivité de notre époque », on retrouve également le signifiant phobie dans le champ social : on le relève dans des concepts tels que xénophobie, islamophobie, homophobie,… : le danger vient de l’autre, de l’altérité et la crainte qu’il suscite est ornée de ce suffixe : -phobie. La psychanalyse a vite fait de montrer que le danger n’est pas cet autre extérieur, mais cet autre en moi que je ne reconnais pas.

Les conférenciers déplieront ces problématiques et en débattront avec le public. »

Adresse : Auberge de Jeunesse Jacques Brel – Rue de la Sablonnière, 30, 1000 Bruxelles

Renseignements : Michel Coddens 0495 250 035 mcoddens@skynet.be

Participation aux frais : 10 euros

Accréditation demandée

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Conférence le 4/2/16 « Les périodes troublées engendrent des monstres : le cas Adolf Hitler » par Michel Coddens

Le jeudi 4 février 2016 à 20h00, Michel Coddens donnera une conférence à l’Association culturelle et laïque de Waterloo.

« J’avance avec l’assurance d’un somnambule sur le chemin que m’a tracé la Providence », disait Adolf Hitler. En plus d’avoir été une véritable catastrophe, le nazisme est une des énigmes du XXe siècle : comment des millions de gens ont-ils pu consentir à ce qui s’avère être le délire d’un seul et y adhérer jusqu’à créer Auschwitz ? Avant d’apporter des éléments de réponse à cette question vertigineuse, établissons d’abord de quoi est fait le discours hitlérien et de quoi il se nourrit.

Michel Coddens est psychologue et psychanalyste, membre de l’Ecole de Psychanalyse des Forums du Champ lacanien.

Contact et information : laiciteculturewaterloo@gmail.com

Lieu :  Salle Bleue du Waterloo Tennis – 5b, Boulevard Henri Rolin, 1410 Waterloo

Entrée : Prix public 5 €, prix membres (en règle de cotisation) 2 €

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